
L’entretien professionnel de formation devient l’entretien de parcours professionnel : une réforme qui bouleverse les règles
La transformation était annoncée depuis plusieurs mois, elle est désormais actée : l’entretien professionnel tel que les salariés et les entreprises le connaissaient depuis 2014 change profondément. Avec la loi n° 2025‑989 du 24 octobre 2025, ce rendez-vous obligatoire s’efface au profit d’un nouvel outil : l’entretien de parcours professionnel (EPP). Une évolution qui ne se limite pas à un changement de nom. Elle redessine en profondeur la manière dont les organisations doivent accompagner leurs collaborateurs dans l’évolution de leurs compétences et de leurs carrières.
Un ancien dispositif centré sur la formation
Jusqu’à la réforme, l’entretien professionnel répondait à une logique bien identifiée : tous les deux ans, l’employeur devait proposer à son salarié un échange formel dédié à la formation, aux perspectives d’évolution et aux besoins en compétences.
Ce dispositif, distinct de l’entretien annuel d’évaluation, servait également de base à un bilan récapitulatif tous les six ans, permettant de vérifier que le salarié avait bénéficié de ses droits, notamment en matière d’accès à la formation.
Un nouveau cadre élargi : le parcours au cœur du dispositif
Désormais, l’entretien professionnel laisse place à l’entretien de parcours professionnel, un rendez-vous pensé pour répondre aux transformations profondes des métiers, à l’accélération des transitions et au besoin renforcé de sécurisation des parcours.
Avec ce nouveau format, le législateur impose une vision plus stratégique, davantage tournée vers l’évolution de long terme.
L’EPP ne se limite plus à examiner les besoins en formation. Il explore cinq thématiques obligatoires :
- les compétences mobilisées dans le poste,
- la trajectoire professionnelle du salarié,
- les besoins de formation actuels ou futurs,
- les aspirations d’évolution (reconversion, mobilité, VAE, bilan de compétences…),
- l’usage possible du CPF et les appuis mobilisables.
Ce nouveau périmètre renforce non seulement la qualité du dialogue entre salarié et employeur, mais aussi la capacité de l’entreprise à anticiper les besoins en compétences.
Une périodicité revue : un rythme plus cohérent avec les parcours
Le rythme des entretiens constitue l’un des changements les plus significatifs.
Là où l’ancien dispositif imposait un entretien tous les deux ans, la réforme instaure désormais un cycle plus espacé mais plus cohérent :
- un premier entretien dans l’année suivant l’embauche,
- un second tous les quatre ans,
- un bilan d’étape tous les huit ans.
Ce nouveau calendrier vise à replacer l’entretien dans une dynamique de parcours, tout en laissant davantage de temps pour mettre en œuvre des actions concrètes.

Absences longues, mi‑carrière, fin de carrière : des rendez-vous mieux ciblés
Autre évolution notable : l’entretien n’est plus automatiquement requis après un congé parental ou une absence de longue durée. Il ne devient obligatoire que si aucun EPP n’a été réalisé dans les douze mois précédant le retour du salarié.
La réforme introduit également des entretiens spécifiques : un entretien de mi‑carrière, lié à la visite médicale autour de 45 ans et un entretien dédié aux perspectives de fin de carrière, dans les deux années précédant les 60 ans.
Ces nouveaux rendez-vous ont pour objectif de mieux anticiper les transitions, notamment celles liées à l’usure professionnelle ou aux secondes parties de carrière.
Des obligations renforcées pour les employeurs
La réforme ne se contente pas d’élargir le contenu : elle impose aussi une traçabilité renforcée.
Chaque EPP doit désormais donner lieu à une synthèse écrite et signée, et l’employeur doit être en mesure de prouver que des propositions d’actions concrètes ont été formulées (formation, mobilité, reconversion…).
Les sanctions financières ont également été revues à la hausse.
Pour les entreprises de 50 salariés et plus, un manquement peut être sanctionné par une pénalité de 3 000 € par salarié.
Un calendrier d’application progressif
La réforme est déjà en vigueur depuis le 24 octobre 2025 pour les entreprises non couvertes par un accord spécifique.
Pour les autres organisations, la transition doit être finalisée au plus tard le 1ᵉʳ octobre 2026.
Un tournant majeur pour la gestion des compétences
Avec l’arrivée de l’entretien de parcours professionnel, l’État entend moderniser un dispositif devenu parfois trop formel.
L’ambition est claire : permettre aux salariés de mieux piloter leur trajectoire, tout en offrant aux entreprises un levier stratégique pour anticiper leurs besoins et renforcer leur attractivité.
L’ancien entretien professionnel, centré sur la formation, laisse place à un outil plus riche, plus structurant et résolument tourné vers l’avenir.
Vous retrouverez nos accompagnements pour les entretiens et vos prestations liées à la gestion des compétences sur notre site EVOLEA CONSEIL.
A très vite !
